Mesures
Si, dans le cadre du programme de monitoring ou suite à une notification de contamination provenant de l'étranger, un lot de pommes de terre est déclaré contaminé, l'AFSCA met en œuvre un examen afin de déterminer la provenance et la dispersion de la pourriture annulaire. La détermination du statut d'un lot ou d'une parcelle se fait au moyen des arbres de décision (voir ci-dessous). Dans ces schémas, C veut dire contaminé, PC veut dire probablement contaminé et L veut dire libre.
Tous les lots qui, dans le cadre de la recherche suite à une contamination, sont désignés "probablement contaminé", doivent être testés. Si le test s'avère positif, le lot est désigné "contaminé"; si le test s'avère négatif, le lot garde la désignation "probablement contaminé" parce qu'on ne peut pas exclure qu'ils sont infectés de façon latente (la contamination ne peut pas toujours être détectée quand le degré de contamination est très bas).
Les mesures qui sont d'application pour les lots et parcelles contaminés, probablement contaminés et autres, sont repris en résumé dans les schémas ci-dessous.
Les mesures sont décrites en détail dans le document Mesures pourriture annulaire (Clavibacter michiganensis spp. sepedonicus) – pommes de terre, parcelles, matériel.

Législation
- A.M. du 03/11/1994 relatif à la lutte contre le flétrissement bactérien de la pomme de terre (Clavibacter michiganensis (Smith) Davis et al. spp. sepedonicus (Spieckermann et Kotthoff) Davis et al.) (MB 15/12/1994)
- Directive 2006/56/CE de la commission du 12/06/2006 modifiant les annexes de la Directive 93/85/CEE du conseil du 04/10/ 1993 concernant la lutte contre le flétrissement bactérien de la pomme de terre
Pourriture brune (Ralstonia solanacearum)
Description
La pourriture brune est causée par la bactérie Ralstonia solanacearum. La race 3, qui concerne nos régions, touche principalement la pomme de terre et la tomate et est sans grande virulence sur les autres cultures de solanacées. Elle présente un optimum de croissance à une température plus faible (27°C) que les autres races (R1 et 2). Les autres plantes-hôtes sont les adventices S. dulcamara, S. nigrum. La bactérie a été également découverte dans des productions de Pelargonium hortorum.
Symptôme sur feuillage :
Le premier symptôme visible est le flétrissement des feuilles des extrémités des branches pendant les chaleurs diurnes et leur récupération la nuit tombée; enfin, les plantes ne récupèrent plus et meurent. Au fur et à mesure que la maladie se développe, une décoloration linéaire brune peut s'observer sur les tiges, à partir de 2,5 cm au-dessus du sol, les feuilles prenant une teinte bronzée. De plus, une épinastie des pétioles peut se produire. Un exsudat bactérien blanc et gluant suinte à partir des faisceaux vasculaires cassés ou coupés. Ce liquide s'écoule spontanément à partir de la surface d'une tige de pomme de terre cassée; il forme des filaments lorsqu'on le garde dans un bécher avec de l'eau. De tels filaments ne sont pas formés par les autres bactéries pathogènes de la pomme de terre. Ce test est donc un diagnostic présomptif de terrain.
Symptômes sur tubercules :
Les symptômes externes peuvent être présents ou non, suivant l'état de développement de la maladie; de plus, les symptômes sont très similaires à ceux de la pourriture annulaire (Clavibacter michiganensis ssp. sepedonicus ). R. solanacearum se distingue par le suintement bactérien qui émerge souvent à partir des yeux et des talons des tubercules infectés. Quand cet exsudat se dessèche, de la terre reste attachée au tubercule au niveau des yeux. Une coupe des tubercules infectés révèle une nécrose et un brunissement du faisceau vasculaire et des tissus environnants jusqu'à 0,5 cm de chaque côté de l'anneau. Un exsudat crémeux et fluide suinte généralement de l'anneau vasculaire sur la surface coupée. En pressant le tubercule on fait sortir une masse de tissus vasculaires jaunâtres dissous et d'exsudat bactérien. Les plantes présentant des symptômes foliaires provoqués par R. solanacearum peuvent porter des tubercules sains, et des plantes ne présentant pas de symptômes de la maladie peuvent produire des tubercules infectés.

Dissémination
Les souches dites «à faible température» appartenant à la race 3 sont présentes en Europe septentrionale et dans le bassin méditerranéen où elles sont adaptées aux températures plus fraîches. Contrairement aux régions méditerranéennes, où elles peuvent provoquer de graves dégâts, ces bactéries restent à l’état latent et ne causent que très peu de dégâts aux cultures dans les pays du nord de l’Europe (températures moyennes des mois hivernaux < 10°C).
Par ailleurs, la grande variabilité de l’espèce avec l’existence de plusieurs races et souches de virulences diverses suivant les conditions environnementales, constitue un grave risque pour les productions européennes et méditerranéennes de pommes de terre et de tomates.
La dissémination des bactéries dans la nature est généralement lente. Cependant, la race 3 peut facilement être disséminée par les eaux de surface en présence de Solanum dulcamara (morelle douce-amère) qui joue le rôle de plante-réservoir permettant à la bactérie de survivre pendant les périodes hivernales puis de proliférer en période estivale. Ces eaux contaminées peuvent propager l’infection par le biais de l’irrigation et, dans une moindre mesure, par des pulvérisations de pesticides ou encore par la submersion des parcelles de pommes de terre.
L’apparition de nouvelles contaminations est le plus fréquemment liée à l’introduction de plants porteurs du pathogène à l’état latent.

Possibilités de lutte
Il n’existe pas de moyens de lutte directe. La grande variabilité génétique du pathogène complique le développement des stratégies de résistance variétale. Celle-ci n’est que partielle et les variétés tolérantes n’empêchent pas la multiplication du pathogène. La lutte repose donc essentiellement sur les mesures préventives : utiliser de plants certifiés, éviter de couper le plant, ne pas irriguer avec les eaux de surface, assurer des rotations suffisantes et détruire les repousses, maîtriser les adventices, nettoyer et désinfecter les machines, les véhicules de transport, le matériel et les locaux, …
La survie à l’état latent complique la conception des systèmes de surveillance dont l’efficacité repose largement sur l’échantillonnage systématique des lots. Les mesures de surveillance (programmes annuels d’analyses) permettent de contrôler l’absence des bactéries et, en cas de contamination, de les détecter précocement afin de les éradiquer rapidement et totalement.

Situation en Belgique
En Belgique, les premiers foyers de pourriture brune ont été observés en 1989. Depuis, une zone de protection a été définie et des mesures réglementaires ont été prises afin d’en empêcher la dissémination (A.M. du 14/02/2000). Elle concerne 42 communes, environ 200 fermes et 2000 ha de pommes de terre.
Ces mesures consistent, principalement, en :
- l’interdiction de l’irrigation des plantes hôtes avec les eaux de surface,
- le monitoring de ces eaux de surface,
- la déclaration obligatoire de toutes les cultures de pommes de terre avant le 30 avril afin de permettre à l’AFSCA de surveiller l’apparition éventuelle de la bactérie.
Grâce à ce dispositif et à la surveillance permanente réalisée par l’Agence sur l’ensemble du territoire belge, aucune contamination n’a plus été observée sur plants de pommes de terre ces dernières années. La dernière contamination détectée sur le territoire national remonte à 2005 et a touché une petite production de pommes de terre de consommation.
MESURES CONCERNANT LA POURRITURE BRUNE DANS LES PROVINCES D'ANVERS ET DE LIMBOURG : A.M. DU 14/02/2000 (M.B. DU 02/03/2000)
Modification de la zone de protection Ralstonia (30/06/2011)
Des bactéries causant la pourriture brune de la pomme de terre ont été découvertes en 2009 et 2010 dans les eaux de surface de la commune de Kinrooi. En conséquence, l’A.M. du 14/02/2000 déterminant des mesures afin d’éviter la propagation de Ralstonia solanacearum a été modifié (AM du 25/05/2011 paru au Moniteur Belge du 17/06/2011) afin d’ajouter cette nouvelle commune à la zone de protection (voir communiqué)
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Législation
- A.M. du 14/02/2000 déterminant des mesures afin d’éviter la propagation de Ralstonia solanacearum (Smith) Yabuuchi et al. (MB 02/03/2000)
Modifié par l'AM du 2/05/2011
- A.M. du 30/08/1999 concernant la lutte contre Ralstonia solanacearum (Smith) Yabuuchi et al. (MB 19/10/1999)
Modifié par l'AM du 20/03/2007 (MB 30/03/2007)
- Directive 2006/63/CE de la commission du 14/07/2006 modifiant les annexes II à VII de la Directive 98/57/CEE du conseil du 20/07/1998 concernant la lutte contre Ralstonia solanacearum (Smith) Yabuuchi et al.

Surveillance de la présence des pourritures brune et annulaire de la pomme de terre
Une surveillance permanente de la présence des bactéries responsables des pourritures brune et annulaire est organisée par l’AFSCA conformément aux directives européennes. Les contrôles sont effectués par les Régions (plants de pommes de terre) et par l'AFSCA (pommes de terre pour consommation). Les échantillons sont envoyés au laboratoire de l’ILVO (Intituut voor Landbouw- en Visserijonderzoek à Merelbeke) ou au CORDER (Louvain-La-Neuve) pour y rechercher la présence de la pourriture annulaire et de la pourriture brune.
Suite aux contaminations observées en 2003, trois années de prospections intensives ont permis de confirmer l’efficacité des mesures d’éradication des bactéries responsables de la pourriture annulaire et de la pourriture brune. En 2006, les densités d’échantillonnage exercées sur les productions indigènes ont ainsi pu être réduites, en concertation avec la profession. Les superficies belges de plants certifiés de pommes de terre et de pommes de terre de conservation s’élevaient alors respectivement à 2.561 ha et 64.273 ha. Les récoltes ont été échantillonnées à raison de, respectivement, 2283 et 656 échantillons. 74 échantillons de plants fermiers ont aussi été analysés (2 échantillons par lot). Les résultats de ces analyses étaient tous négatifs : l’état sanitaire des productions nationales apparaît donc comme excellent. Par ailleurs, respectivement, 185 échantillons et 182 ont été prélevés sur des lots de plants destinés à la production de pommes de terre de consommation et des pommes de terre de consommation issus d’autres pays : aucune contamination n’a été découverte. |